Fonctionnement de l'embrayage

Un embrayage c'est simple : il y a une cloche, une noix, des disques lisses et des disques garnis (de liège en général), un presseur, des ressorts et une tige poussoir. La noix est montée dans la cloche et les disques sont montés entre la noix et la cloche, en alternance : un lisse / un garni, puis le plateau presseur est monté sur le dernier disque garni et le tout est bien pressé par quatre ressorts. Les disques garnis sont solidaires de la cloche alors que les disques lisses sont solidaires de la noix. Ok ?

Bon, donc en temps normal, grâce à l'action des ressorts, les disques lisses sont solidaires des disques garnis ce qui fait que lorsque la cloche tourne, elle entraîne la noix. Et comme la cloche est solidaire du vilebrequin alors que la noix est solidaire de l'axe primaire de boîte à vitesses, lorsque le vilebrequin tourne, il entraîne l'axe primaire de boîte via l'embrayage. De sorte que si une vitesse est enclenchée, l' axe secondaire de boîte tourne en entraînant le pignon de sortie de boîte, lequel actionne la chaîne de transmission secondaire, laquelle fait tourner la roue arrière de la moto via la couronne à laquelle elle est reliée.

Ok ? Maintenant, si on débraye, l'action sur le levier d'embrayage provoque une poussée sur la tige d'embrayage qui passe dans l'axe primaire de boîte et pousse le plateau presseur d'embrayage vers l'extérieur en compressant les ressorts d'embrayage. Ceux-ci ne pressent du coup plus les disques lisses contre les disques garnis, ce qui permet à la cloche et à la noix de se désolidariser. La cloche continue de tourner avec les disques garnis entraînée par le vilebrequin, mais la noix ne tourne plus et n'entraîne donc plus l'arbre primaire de boite. On est dans l'état "débrayé". En relâchant le levier d'embrayage, on libère la pression sur la tige d'embrayage, les ressorts se remettent à presser les disques lisses contre les disques garnis et la cloche redevient solidaire de la noix.

C'est beau la technique non ?

Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, une illustration en images :

La cloche d'embrayage. On distingue les dents à l'extérieur dans lesquelles les disques garnis viendront prendre place. On notera que l'axe central de la cloche est lisse. Quand la cloche sera montée sur l'axe primaire de boîte, elle n'en sera pas solidaire :



Si on regarde le cul de la cloche, on distingue deux engrenages. Le petit qui va permettre au kick d'entraîner la cloche d'embrayage via un pignon relais et le gros qui va rendre la cloche d'embrayage solidaire de la rotation du vilebrequin :



Maintenant la noix. On distingue bien les dents à l'extérieur, qui vont permettre aux disques lisses de se solidariser avec la noix. On remarque au passage que l'axe central de la noix est cannelé, la noix sera donc solidaire de l'axe primaire de boîte (canelé lui aussi) une fois l'embrayage monté. On notera aussi que le fond extérieur de la noix est un disque lisse :



On insére la noix dans la cloche. On obtient deux mécanismes non solidaires :



Voici un disque garni non nettoyé. Malgré l'huile on distingue les pavés de garniture et les dents externes du disque qui vont venir s'insérer dans celles de la cloche :



D'ailleurs, comme le monde est bien fait, le disque entre effectivement entre la cloche et la noix en se solidarisant avec la cloche grâce à ses dents :



Fort non ? On laisse le disque garni se coller contre le disque lisse du fond de la noix et on regarde à quoi ressemble un disque lisse. Comme son nom le laisse supposer, il est lisse :



On insère le disque lisse entre la cloche et la noix, par dessus le disque garni qu'on vient de poser. On constate que le disque lisse va bien devenir solidaire de la noix (en terme de rotation bien sûr) grâce à ses dents intérieures, mais qu'il ne sera pas solidaire de la cloche :



On empile comme ça tous les disques garnis et lisses en alternance :



Ca donne bien un sandwich :





On remarque que les dents de la cloche sont un peu plus hautes que la somme des épaisseurs de tous les disques. Cela leur permettra de se désolidariser complètement les uns des autres quand le poussoir poussera le plateau presseur vers l'extérieur.

Ok, maintenant le plateau presseur. Là on voit ses dessous. On notera qu'il va se comporter comme un disque lisse. Il va presser le dernier disque garni et il dispose de dents qui le rendront solidaire de la noix :



Et là de profil. On distingue bien les logements des ressorts qui viendront presser le plateau sur les disques :



On pose le plateau presseur sur le dernier disque lisse :



Et on ajoute les ressorts avec les vis qui vont les compresser :



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